Et avec…

Orfeo : Ivar Hervieu
Euridice, Speranza : Emmanuelle Huteau
Musica : Veronica Onetto-Curdy
Messagera, Proserpina : Alice Fagard
Plutone, Caronte : Henry Runey
Apollo : Mathieu Muglioni
Ninfa, Pastori, Spiriti : Juliette Rat, Florian Villain, Killian Lefèvre, Aurélien Bourdiol, Joris Pillier et Anna Smati

Violons (et lira da braccio*) : Frédéric Martin*, Sepideh Nikoukar
Alto : Pascale Jardin
Violes (et violone*) : Adrien Alix*, Simona Morini, Marc Bullon Martinez
Théorbe, luth et guitare : Leonardo Loredo de Sa, Simon Laignel, Stéphanie Petitbon
Clavecin et orgue : Adèle Gornet
Flûtes à bec : Nathalie Liess, Bertrand Blondet, Alice Fagard
Doulciane : Stéphane Tamby
Cornet à bouquin : Christophe Dilys
Trompette : Rémi Moreira
Sacqueboutes : Mirei Fujishima, Leopold Brunet, Antoine Houzelle, Nain Reina, Yiu Fain NG
Harpe : Lucille Lisack

Pourquoi monter l’Orfeo ?

L’Orfeo est une œuvre singulière en ce qu’elle véhicule nombre de préoccupations du temps – présentes en filigrane dans le livret et qu’il nous appartient de mettre en valeur -, tout en continuant aujourd’hui à nous parler avec force. Au-delà de la fable mythologique, il y est question de valeurs centrales au début du 17ème siècle : harmonie, sincérité, vertus, salut… Il y est surtout question d’humanité.

Cependant, les productions de L’Orfeo de Monteverdi ne manquent pas ; elles ont, pour beaucoup d’entre elles, plus de moyens que la nôtre ! Pourquoi donc se lancer dans un projet aussi fou ?

L’équipe Euridice 1600-2000, depuis presque vingt ans, interroge les interactions possibles entre la recherche et l’interprétation. Le travail part du texte pour chercher comment les interprètes pourront en restituer au mieux le sens.

Chez Monteverdi, le recitar cantando – qui, à la différence de l’aria, est plus proche du parlé que du chant – est un laboratoire privilégié pour l’étude de cette relation entre le texte et son interprète. L’Orfeo, écrit sur un livret d’Alessandro Striggio, regorge de ces récits, tout en laissant parfois éclore des airs plus proprement mélodiques. Mieux encore, l’opéra met en scène le passage du parlé au chanté : lorsque Orphée prend sa lyre pour apitoyer les puissances infernales, dans l’air Possente spirito, il chante, et les ornements virtuoses voulus par Monteverdi témoignent d’un geste rhétorique plus construit que lorsqu’il laisse éclater sa douleur. Le récit lui-même peut revêtir des fonctions très différentes : la messagère qui vient annoncer la mort d’Eurydice doit donner à voir, par ses mots, une scène qui n’a pas lieu sous nos yeux ; le plaidoyer de Proserpine auprès de son mari est une série d’arguments visant à convaincre Pluton d’accorder à Orphée la grâce qu’il demande.

Quelle œuvre eût pu, autre que L’Orfeo, étendre ainsi notre champ de travail et nous fournir un plus vaste et plus riche domaine d’investigation ?

Plus qu’une volonté de restituer l’oeuvre avec « authenticité » historique, c’est ce désir de déployer les moyens expressifs les plus justes qui nous anime : textures vocales, textures instrumentales du continuo, jeu sur le regard et les postures… Les choix que nous faisons ne sont pas fixés dans le marbre, et la recherche se poursuit. Vous ne verrez donc pas ici un spectacle entièrement abouti, une énième production de l’Orfeo ; mais une proposition, qui a vocation à s’enrichir, à évoluer…

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